Vie quotidienne et pratiques culturelles
Un aperçu de pratiques culturelles documentées — non une liste exhaustive, et sans prétendre résumer la diversité des habitudes réelles de chacun.
La « nation arc-en-ciel »
Popularisée par l'archevêque Desmond Tutu puis reprise par Nelson Mandela au sortir de l'apartheid, l'expression « nation arc-en-ciel » (rainbow nation) désigne l'idéal d'une Afrique du Sud unie dans sa diversité ethnique, linguistique et culturelle plutôt que divisée par elle. Mandela, devenu une figure morale mondiale de réconciliation après vingt-sept ans d'emprisonnement, en reste l'incarnation la plus universellement reconnue, célébrée chaque 18 juillet (date anniversaire de sa naissance) par la Journée internationale Nelson Mandela des Nations unies.
Braai, bunny chow et biltong
Le braai, barbecue convivial et institution sociale à part entière pratiquée par-delà les origines communautaires, est célébré chaque 24 septembre (Jour du patrimoine) comme « National Braai Day ». Le bunny chow, pain évidé rempli de curry, est né dans la communauté indienne de Durban ; le biltong, viande séchée épicée héritée des techniques de conservation boers, et le boerewors, saucisse épicée traditionnelle, comptent parmi les autres incontournables.
Du mbaqanga et de l'isicathamiya à l'amapiano mondialisé
L'Afrique du Sud a produit des traditions musicales majeures : le mbaqanga urbain des townships, le chant choral isicathamiya (rendu mondialement célèbre par le groupe Ladysmith Black Mambazo, notamment sur l'album Graceland de Paul Simon en 1986), et plus récemment l'amapiano, genre de house né dans les townships de Johannesburg et Pretoria à la fin des années 2010, devenu un phénomène musical mondial au tournant des années 2020. La chanteuse Miriam Makeba (« Mama Africa ») et son titre « Pata Pata » avaient auparavant porté la musique sud-africaine sur la scène internationale dès les années 1960, en plein exil anti-apartheid.
Deux prix Nobel de littérature
L'Afrique du Sud compte deux lauréats du prix Nobel de littérature : Nadine Gordimer (1991), dont l'œuvre a exploré les effets moraux et humains de l'apartheid, et J.M. Coetzee (2003), auteur notamment de « Disgrâce » (1999). Le pays a également donné le romancier Alan Paton (« Pleure, ô pays bien-aimé », 1948, sur les prémices de l'apartheid) et l'autobiographie « Un long chemin vers la liberté » de Nelson Mandela, best-seller mondial.
Le Berceau de l'humanité et Robben Island
Le Berceau de l'humanité, site fossilifère inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO près de Johannesburg, a livré certains des restes d'hominidés les plus anciens et les plus complets jamais découverts (dont « Little Foot » et le fossile Australopithecus sediba), faisant de l'Afrique du Sud l'un des hauts lieux mondiaux de la recherche sur les origines de l'humanité. Robben Island, au large du Cap, où Nelson Mandela et de nombreux autres opposants à l'apartheid furent emprisonnés, est devenue un musée et un lieu de mémoire mondial de la lutte contre la ségrégation raciale, également classé à l'UNESCO. Le massif du Drakensberg (uKhahlamba), classé au titre mixte (naturel et culturel) pour ses paysages spectaculaires et son art rupestre san, complète ce patrimoine exceptionnel.
Rugby, cricket et football comme ciment national
Le sport a joué un rôle politique et symbolique de premier plan dans la réconciliation post-apartheid : la victoire de l'équipe de rugby des Springboks (historiquement associée à la minorité blanche) à la Coupe du monde 1995, disputée à domicile et remise par Nelson Mandela vêtu du maillot de l'équipe, est restée un moment fondateur de la « nation arc-en-ciel » (popularisé par le film Invictus). Le pays a depuis remporté trois autres titres mondiaux de rugby (2007, 2019, 2023) et est devenu, en 2010, le premier pays africain à organiser la Coupe du monde de football.