Vie quotidienne et pratiques culturelles
Un aperçu de pratiques culturelles documentées — non une liste exhaustive, et sans prétendre résumer la diversité des habitudes réelles de chacun.
Une tradition poétique parmi les plus riches au monde
La poésie occupe une place centrale et vivante dans la culture iranienne : le Shahnameh (« Livre des rois ») de Ferdowsi, épopée nationale du Xe-XIe siècle, retrace l'histoire mythique et légendaire de la Perse ; Hafez de Chiraz (XIVe siècle), dont le Divan orne encore aujourd'hui de nombreux foyers iraniens utilisés comme oracle poétique (fal-e Hafez), et Saadi, autre grand poète de Chiraz, comptent parmi les plus grands lyriques et moralistes de la littérature mondiale ; le soufi Rumi (XIIIe siècle), né dans le Khorasan historique, est aujourd'hui l'un des poètes les plus lus au monde, y compris en traduction.
Nowrouz, le Nouvel An persan
Nowrouz (« nouveau jour »), célébré à l'équinoxe de printemps, marque le nouvel an du calendrier solaire iranien et rassemble autour de la table du haft-sin (sept éléments symboliques dont le nom commence par la lettre S en persan) plus de 300 millions de personnes à travers l'Iran, l'Asie centrale, le Caucase et la diaspora. D'origine préislamique et zoroastrienne, la fête a survécu à l'islamisation du pays et reste, avec les commémorations chiites de l'Achoura, l'un des rendez-vous les plus fédérateurs du calendrier iranien.
Riz, herbes fraîches et ragoûts mijotés
La cuisine iranienne se distingue par l'usage généreux d'herbes fraîches, de fruits secs et de noix dans des plats mijotés sucrés-salés (khoresht), servis avec un riz basmati long cuit selon une technique propre au pays qui forme une croûte dorée et croustillante (tahdig) très prisée. Le thé, servi dans de petits verres, accompagne l'essentiel des repas et des moments de sociabilité.
Le tapis persan
Le tissage de tapis noués à la main, pratiqué en Iran depuis l'Antiquité et perfectionné sous les Safavides, reste un artisanat vivant porté par des ateliers régionaux aux motifs distinctifs (Tabriz, Ispahan, Kachan, Qom). Inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, il demeure un pilier de l'identité artisanale et, malgré la concurrence de la production industrielle, une source d'exportation notable pour le pays.
Ispahan et Persépolis
La place Naghsh-e Jahan à Ispahan, aménagée sous les Safavides au XVIIe siècle et bordée de mosquées aux mosaïques de faïence bleue et du palais Ali Qapu, est l'une des plus vastes places du monde et un chef-d'œuvre de l'urbanisme islamique classique. Persépolis, capitale cérémonielle de l'Empire achéménide fondée par Darius Ier au VIe siècle av. J.-C. et incendiée par Alexandre le Grand, conserve d'imposantes ruines et bas-reliefs témoignant de la puissance perse antique. L'Iran compte au total plus de vingt-cinq sites inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Un cinéma d'auteur mondialement reconnu
Malgré une censure étatique stricte, le cinéma iranien s'est imposé depuis les années 1990 comme l'un des plus respectés au monde sur la scène des festivals internationaux, porté par des réalisateurs comme Abbas Kiarostami, Asghar Farhadi (double oscarisé du meilleur film étranger, pour « Une séparation » en 2012 et « Le Client » en 2017) ou Jafar Panahi, plusieurs fois interdit de tournage et emprisonné par les autorités mais continuant à réaliser des films en clandestinité, récompensés à l'étranger (Palme d'or 2025 pour « Un simple accident »).